INTRODUCTION

Afin de mieux comprendre la personnalité de Jésus et de mieux appréhender son message, tant sur le fond que sur la forme, il est utile, et même nécessaire, de le situer avec précision dans le contexte géographique et historique dans lequel il a vécu. Jésus se révèle dans une histoire, dans une façon de vivre bien spécifique qui a pris forme progressivement au fil des siècles.

Pour nous, Chrétiens, Jésus est vraiment Dieu et vraiment Homme. C’est dit explicitement dans notre acte de foi que l’on appelle le Credo. Il est l’un, et l’autre. Je sais que des personnes ne partagent pas cette affirmation. Je respecte leur cheminement spirituel.

Jésus était un Juif de Galilée, tout comme sa mère Marie et son père adoptif, Joseph. Son nom était « Yeshua« , ce qui veut dire en hébreu « Dieu sauve ». Il a vécu pendant les trente premières années du premier siècle de l’ère chrétienne dans un pays appelé Palestine, partie intégrante de l’empire romain car conquis une soixantaine d’années auparavant par les légions du général Pompée. A l’époque de sa naissance, l’empereur romain s’appelait Tibère, la contrée portait le nom de Province de Judée. Elle était dirigée par un vassal tyrannique nommé Hérode le Grand.

Jésus a vécu toute son enfance, sa jeunesse et la majeure partie de sa vie d’adulte dans un petit village nommé Nazareth et il a appris le métier de son père adoptif, charpentier. La Galilée était appelée « le Carrefour des Nations » parce qu’elle se situait au point de rencontre de diverses routes qui reliaient les peuples du désert et ceux de la côte, mais Nazareth était à l’écart de ces voies de passage car dans la montagne. Toute la région avait subi au cours des siècles les invasions successives des Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs et Romains. Ses habitants étaient réputés pour avoir un caractère spécifique, différent de celui des Judéens de la région de Jérusalem. La langue populaire dans l’ensemble du pays était l’araméen, l’hébreu étant la langue sacrée du Temple de Jérusalem. Le peuple le comprenait mal.

LA BIBLE

La principale source d’information dont nous disposons concernant le  peuple de Jésus est la Bible. Contrairement à une opinion relativement répandue, ce n’est pas qu’un livre. Son nom « biblio », d’origine grec, le dit bien car il signifie « les livres ». C’est une véritable bibliothèque qui contient les 46 livres de la Bible Hébraïque, auxquels il faut y ajouter 27 autres, écrits par les Chrétiens, pour constituer le Nouveau Testament.

La Bible, c’est avant tout le récit d’une relation d’alliance entre le Dieu Créateur et le peuple qu’il s’est choisi pour se révéler à l’Humanité. C’est avant tout une œuvre littéraire qui ne peut avoir de prétention d’ordre historique. C’est un livre d’histoires et non pas un manuel d’Histoire.

Tous les documents qui la composent n’ont pas la même taille : certains sont très courts, d’autres, au contraire, sont volumineux ; ce qui ne préjuge en rien de l’importance de leur contenu. Ils ont été écrits par de nombreux croyants au fil des siècles, dans des environnements et des situations collectives bien diverses, parfois en temps de paix, parfois en déportation. Certains sont le fruit d’un travail individuel, d’autres sont le résultat d’une œuvre collective, même s’ils ne sont appelés que par le nom de leur auteur principal. Prenons l’exemple du Livre d’Isaïe : les experts scientifiques ont identifié au moins « trois Isaïe », trois rédacteurs, qui ont vécu à des époques différentes mais qui ont partagé une même pensée, celle du prophète Isaïe. Enfin, certains d’entre eux ont fait l’objet de reprises au cours des siècles, que ce soit avec des ajouts ou des suppressions.

LA BIBLE
Source : Site « Chrétiens aujourd’hui »

Si l’on peut raisonnablement penser que les derniers livres de la Bible Hébraïque ont été rédigés peu après les évènements qu’ils relatent, il est totalement faux de penser qu’il en est de même pour les premiers. Un seul exemple : le tout premier d’entre eux, La Genèse, n’a été écrit, selon les savants, que sous le règne du roi Josias, c’est-à-dire entre -640 et -609 alors qu’il traite de la création du monde… Par contre, cela est différent en ce qui concerne les derniers livres de la Bible juive dont certains ont été écrits seulement quelques dizaines d’années avant Jésus-Christ, par exemple le livre de la Sagesse vers -40 à -20. Les livres du Nouveau Testament ont eux été écrits entre 60 et 100 après J.-C. à partir des récits de témoins oculaires et de disciples de Jésus. 

La Bible ne cherche pas à dire comment se sont passés les évènements, mais leur pourquoi. Le but poursuivi par les auteurs n’est pas de les décrire mais d’en extraire le sens profond qu’ils perçoivent dans la réflexion et la méditation. Ils relatent le vécu d’un peuple tout au long de son chemin de découverte lente et progressive de l’existence d’un Dieu unique et créateur bienveillant auquel il donne sa foi. C’est l’expérience du passage progressif du polythéisme à la monolâtrie (adoration d’un seul dieu parmi d’autres) puis au monothéisme, c’est-à-dire la reconnaissance de l’existence d’un seul Dieu qui, loin d’être distant des hommes comme l’étaient les dieux des premières religions, se révèle très proche de ses créatures dans une relation basée sur l’amour.

La Bible Hébraïque est avant tout une œuvre littéraire rédigée avec un seul objectif : transmettre aux générations successives du peuple Hébreu, puis Juif, les fruits de la réflexion des sages sur les évènements vécus au fil des années par le peuple ainsi que les enseignements tirés des nombreuses expériences vécues. C’est donc une bibliothèque qui s’est constituée progressivement au fur et à mesure des avancées et des échecs de ce peuple. Par exemple : ce n’est pas à la description de la destruction de Jérusalem par les troupes de Labyrinthodonte et à la déportation du peuple à Babylone qu’il faut attacher de l’intérêt mais aux écrits qui traduisent les sentiments et les réactions qu’elles ont entraînés. C’est un livre de spiritualité, pas un « reportage ».

Commençons donc notre voyage à travers les récits de la Bible par faire connaissance avec notre « arrière-arrière – …. – arrière-grand-aïeul Abraham », tout au moins si nous adhérons à l’une des trois grandes religions monothéistes : judaïsme, christianisme ou islam, qui, toutes les trois, attribuent à Abraham le titre de « Père des Croyants ».

ABRAHAM

Nous sommes quelque part au Moyen-Orient, il y a environ 4 000 ans. On assiste aux premiers balbutiements de cette nouveauté qu’on appelle la Civilisation. Les premières cités-états voient le jour, ainsi que le récit d’un homme nommé Abram qui vit paisiblement à Ur en Chaldée, région située dans le sud de l’Irak actuel. C’est un croyant, propriétaire de troupeaux qui lui apportent des revenus confortables. Le polythéisme règne dans toute la région, comme partout dans le monde.

Le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront ; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre.

Le chemin d’Abraham et le Croissant Fertile

Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui. Abram avait soixante-quinze ans lorsqu’il sortit de Harane. Il prit sa femme Saraï, son neveu Loth, tous les biens qu’ils avaient acquis, et les personnes dont ils s’étaient entourés à Harane ; ils se mirent en route pour Canaan et ils arrivèrent dans ce pays. Abram traversa le pays jusqu’au lieu nommé Sichem, au chêne de Moré. Les Cananéens étaient alors dans le pays. Le Seigneur apparut à Abram et dit : « À ta descendance je donnerai ce pays. » Et là, Abram bâtit un autel au Seigneur qui lui était apparu.«  (Gn 12, 1-7)

[…] La parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision : « Ne crains pas, Abram ! Je suis un bouclier pour toi. Ta récompense sera très grande. » Abram répondit : « Mon Seigneur Dieu, que pourrais-tu donc me donner ? Je m’en vais sans enfant, et l’héritier de ma maison, c’est Élièzer de Damas. » Abram dit encore : « Tu ne m’as pas donné de descendance, et c’est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. » Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un de ton sang. » Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance !  » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. (Gn 15, 1-6)

[…]  Lorsque Abram eut atteint quatre-vingt-dix-neuf ans, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Je suis le Dieu-Puissant ; marche en ma présence et sois parfait. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et je multiplierai ta descendance à l’infini. » Abram tomba face contre terre et Dieu lui parla ainsi : « Moi, voici l’alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d’une multitude de nations. Tu ne seras plus appelé du nom d’Abram, ton nom sera Abraham, car je fais de toi le père d’une multitude de nations. »   [Tu auras noté le changement de nom voulu par Dieu : Abram signifie « Père élevé, respecté » tandis qu’Abraham signifie « Père d’une multitude »] Je te ferai porter des fruits à l’infini, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une alliance éternelle ; ainsi je serai ton Dieu et le Dieu de ta descendance après toi. À toi et à ta descendance après toi je donnerai le pays où tu résides, tout le pays de Canaan en propriété perpétuelle, et je serai leur Dieu. » Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. » (Gn 17, 1-9)

Une nouvelle étape clé pour Abraham est rapportée au chapitre 22 de la Genèse.  Alors que Dieu lui avait promis que son fils Isaac aurait une grande postérité, il lui demande maintenant de lui offrir ce fils en sacrifice ! Totalement incompréhensible, mais Abraham garde une confiance totale en Dieu.

Après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham !  » Celui-ci répondit : « Me voici !  » Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. » Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne. Moi et le garçon nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »

Abraham prit le bois pour l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s’en allèrent ensemble. Isaac dit à son père Abraham : « Mon père ! Eh bien, mon fils ?  » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ?  » Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils. » Et ils s’en allaient tous les deux ensemble.

Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham !  » Il répondit : « Me voici !  » Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham. Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis. »

Sacrifice d’Isaac – Le Caravage

« Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. » Alors Abraham retourna auprès de ses serviteurs et ensemble ils se mirent en route pour Bershéba ; et Abraham y habita. (Gn 22, 1-19)

Finalement, que penser de cette « Histoire d’Abraham » ? Faut-il faire comme un certain nombre de personnes qui n’y voient qu’un pur produit de l’imagination, donc sans grand intérêt, ou, au contraire, y chercher le sens qui a été attaché dans ce passé lointain à cette figure exceptionnelle de notre Humanité en train d’émerger de la Préhistoire pour rentrer progressivement dans l’Histoire, la Civilisation ?

De nombreux experts considèrent désormais qu’il s’agit d’une mise en forme du long processus d’évolution de la conscience humaine dans le domaine de la spiritualité. Ils reconnaissent que les humains ont été préoccupés très tôt par des questions existentielles, même si elles en sont souvent restées à un stade primaire. La notion d’entités supérieures, abstraites, a vu le jour et les dieux sont alors apparus de façon de plus en plus élaborée.

Ce fut le cas de la Mésopotamie, région évoluée matériellement et intellectuellement. On connait le nom de ses dieux et comment il fallait se comporter vis-à-vis d’eux pour s’attirer leur protection et leurs bonnes grâces. Ils géraient la nature et les humains et, pour attirer leur bienveillance, la coutume était de leur offrir des sacrifices de toutes natures, y compris des sacrifices humains. Ceux-ci étaient fréquents ; c’était l’état d’esprit de ce temps reculé.

L’histoire d’Abraham a été élaborée puis rédigée par des personnes qui ont réfléchi et médité sur des questions telles que :  qui suis-je, moi, un homme et pas seulement un mammifère de base ? Pourquoi suis-je sur la terre ? D’où est-ce que je viens ? Quelle est l’origine du monde ? Qu’est-ce que la mort ? Qui sont ces dieux que je sers ? etc… Toutes ces questions ont mis des siècles, pour ne pas dire des millénaires, avant de pouvoir être exprimées clairement et que des éléments de réponses commencent à être proposés.

Dans un premier temps, c’est-à-dire jusqu’aux environs de l’année 800 avant Jésus-Christ, la transmission du résultat de cette réflexion n’a pu se faire que par la voie orale, l’écriture n’étant pas encore inventée ou, quand elle le fut, elle n’était encore utilisée que dans un nombre restreint de pays.

On peut raisonnablement penser que les personnes qui ont jeté les premières bases de la Bible, toutes inspirées qu’elles aient été, ont construit une figure à laquelle elles ont attribué l’essentiel des valeurs découvertes progressivement dans différents groupes de personnes. Elles ont ainsi élaboré un cheminement allant du polythéisme vers le monothéisme qui s’est étalé sur plusieurs siècles. On aurait ainsi « assemblé » l’évolution de l’expérience spirituelle et la façon de vivre de nombreuses personnes pendant des siècles sur une seule d’entre elles et sur une période raccourcie à la durée d’une vie humaine particulièrement longue (cent-soixante-quinze ans ! )

Je ne trouve en cela rien de choquant car je comprends les difficultés rencontrées dans ce travail de synthèse.  Au lieu de reconnaître une personne unique nommée Abraham comme mon père dans la foi, j’aime et je respecte la figure d’Abraham dont je veux suivre l’exemple. J’aime l’histoire de cet homme si profondément humain, dont la caractéristique essentielle est sa capacité à  faire confiance. Comme j’aimerais être comme lui, savoir quitter en toute liberté le monde dans lequel je vis pour aller vers un autre que je ne connais pas et reçois !

J‘admire sa foi, à plusieurs reprises mise à l’épreuve, mais qui n’a jamais défailli. 

MOÏSE

La vie de Moïse décrite dans la Bible est présentée en trois périodes de quarante ans, d’abord comme résidant en Égypte, puis comme berger et enfin comme guide et médiateur durant l’exode à travers le désert ; ce sont des valeurs numériques de durées complètes. Le nombre 120 est quant à lui un symbole de plénitude fréquemment employé au sujet de la longévité des personnages bibliques.

Le récit commence en Égypte où se trouve le peuple hébreu, désormais réduit aux travaux forcés. Mais pourquoi est-il là ? Parmi les premiers qui y sont arrivés, il y a eu les douze fils de Jacob, lui-même fils d’Isaac, donc le petit-fils d’Abraham. Ils y étaient venus librement pour acheter de la nourriture lors d’une famine au pays de Canaan, et ils y sont restés quelques centaines d’années. Le nombre des Hébreux en Égypte ne cessant d’augmenter, Pharaon a eu peur de voir la population autochtone dépassée en nombre par ce peuple étranger. Il décide une mesure drastique pour casser cette courbe ascendante : faire mourir tous les enfants hébreux mâles dès leur naissance ! 

Lorsque la fille de Pharaon découvre un nourrisson hébreu dans un panier d’osier flottant sur le Nil, elle décide de l’adopter, bien qu’elle identifie facilement son ethnie par la décoration de la couverture qui l’enveloppe. Elle lui donne le nom de « Moïse » ce qui signifie « Tiré des eaux ». Le mot Hébreu est également d’origine égyptienne, il signifiait étranger. Il est apparu pour la première fois dans les récits bibliques.

Devenu adulte, Moïse, qui bénéficie du statut de prince d’Égypte, bien que Hébreu, constate la misère de son peuple d’origine. Il réagit et va jusqu’à tuer un contremaître égyptien en train de battre un Hébreu, sous prétexte qu’il ne travaille pas assez. Il n’a alors d’autre choix que de s’enfuir dans le désert pour échapper à une condamnation à mort certaine. Il y trouve asile auprès de Jethro, prêtre de Madiane, dont il épouse une des filles. Il mène alors une vie de berger.

A l’âge de 80 ans, Dieu se révèle à lui et lui dévoile sa mission : il sera le libérateur du peuple hébreu dans la misère, le peuple choisi par Dieu.

La « sortie d’Égypte » est l’événement fondateur du peuple hébreu. Voulu par Dieu lui-même, il est réalisé par Moïse, non sans crainte car cela va l’obliger à revoir Pharaon, qui n’a pas oublié ce qu’il a fait. De plus, il n’est pas évident que les Hébreux eux-mêmes acceptent spontanément de partir à l’aventure à travers le désert. 

La première rencontre de Moïse et de son frère Aaron avec Pharaon échoue car ce dernier ne voit aucun intérêt pour son pays de laisser partir toute cette main d’œuvre. Yahweh, c’est le nom de Dieu en hébreu, devra utiliser les moyens forts pour finalement arracher l’accord de Pharaon. Ce sont les « Dix plaies d’Égypte ». Voici quelques passages de cette épopée racontée dans le livre de l’Exode.

Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ?  » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse !  » Il dit : « Me voici ! « 

Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte !  » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu.

Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel, vers le lieu où vivent le Cananéen, le Hittite, l’Amorite, le Perizzite, et le Jébuséen. Maintenant, le cri des fils d’Israël est parvenu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon, et pour faire sortir d’Égypte les fils d’Israël ?  » Dieu lui répondit : « Je suis avec toi. Et tel est le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir d’Égypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne. »

Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : « Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.” Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? « 

Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : « Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS. » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ». C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en âge. (Ex 3, 1-15)

C’est lors de cette sortie d’Égypte que Dieu fait traverser au peuple hébreu la mer des Joncs « à pied sec ». Celle-ci se refermera ensuite sur l’armée égyptienne qui tente de les rattraper, et l’engloutira.

Moïse va alors jouer le rôle de médiateur entre Dieu et son peuple. Cette fonction sera lourde et difficile à assumer car il a affaire à un peuple à la tête dure. Yahweh ira jusqu’à dire « c’est un peuple à la nuque raide ». Les Hébreux râleront pour tout : on a soif, on veut de l’eau ! On a faim, on veut de la viande ! Moïse s’absente pour monter sur la montagne du Sinaï et recevoir les Tables de la Loi, ils en profitent pour se faire un représentant de dieu en métal, un veau en or ! 

Moïse est tellement en colère lorsqu’il le découvre qu’il en casse les Tables de la Loi qu’il vient de recevoir de Dieu. Après s’être calmé, il devra remonter sur la montagne pour en recevoir une copie. 

Malgré tout, une nouvelle Alliance sera scellée entre Yahweh et les fils d’Israël : elle s’appuiera sur les Dix Commandements ainsi reçus. C’est un des piliers essentiels de la religion juive, certes, mais son influence s’est répandue au cours du temps dans le monde entier.

Alors Dieu prononça toutes les paroles que voici : 

« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.

Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi.

Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre.

Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération.

Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque en vain son nom.

Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.

Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville.

Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a  béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.

Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.

Tu ne commettras pas de meurtre.

Tu ne commettras pas d’adultère.

Tu ne commettras pas de vol.

Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. »

Moïse et les Tables de la Loi

Nous sommes tous à la recherche de moyens pour guérir notre pauvre monde des maux terribles dont il souffre aujourd’hui. Nous savons qu’il va à sa perte si nous ne changeons pas, volontairement, certaines de nos façons de vivre. Nous cherchons des moyens nouveaux, des méthodes nouvelles. Et si nous avions l’humilité et l’intelligence de revenir, honnêtement, à ce qui nous a été préconisé il y a si longtemps, il y a plus de trois mille ans, par la Sagesse de Dieu ?

Tu vois que la question de l’existence physique de Moïse ou d’Abraham est d’une importance très limitée par rapport à la profondeur du contenu du message qui leur a été attribué. Ne nous trompons pas de débat.

Moïse est considéré comme le premier des prophètes. Je tiens à corriger ici une fausse interprétation de ce mot. Un prophète est quelqu’un, homme ou femme, qui, appelé par Dieu, parle et appelle de la part de Dieu. Il a la mission de rappeler les exigences de la Loi divine. Il ne dit jamais explicitement ce qui se passera dans le futur, mais ceux qui acceptent de prêter attention à ce qu’ils disent peuvent comprendre à demi-mots ce qui est susceptible d’arriver.

LE ROI DAVID

Je pense qu’il peut être utile que je parle un peu de David parce que, au cours de sa vie publique, Jésus a été appelé à de nombreuses reprises « Fils de David ». Ce fut le cas de personnes isolées, souvent handicapées ou malades, pour lui demander la guérison, ou de foules qui l’acclamèrent avec ce titre, par exemple lorsqu’il est entré dans Jérusalem, une semaine avant sa mort.

Cette expression était très loin d’être anodine dans la société juive de l’époque de Jésus ainsi qu’au cours des siècles précédents.

La tradition fait remonter le règne de David au Xème siècle av. J.-C. Des découvertes archéologiques récentes tendent à confirmer cela, même si le portrait qui en est fait dans la Bible et certains épisodes qu’elle rapporte semblent parfois quelque peu légendaires.

Au temps du roi Saül, premier roi d’Israël, un vieil homme nommé Jessé, vit à Bethléem, petit village situé à une douzaine de kilomètres seulement au sud-ouest de la cité antique Ur-Shalima (qui deviendra par la suite Jérusalem). Jessé est père de huit garçons ; David est le plus jeune, son nom signifie « bien-aimé ». 

David garde les moutons de son père et ses frères sont au service de Saül. Il lui arrive de temps en temps d’être appelé aux côtés du roi Saül pour l’apaiser de sa musique et de ses chants. Lorsqu’à la suite d’une nouvelle désobéissance de Saül, Dieu décide de corriger la situation, il envoie le prophète Samuel donner l’onction royale à David malgré qu’il soit très jeune.

« Le Seigneur dit à Samuel : « Combien de temps encore seras-tu en deuil à cause de Saül ? Je l’ai rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi. » Samuel répondit : « Comment faire ? Saül va le savoir, et il me tuera. » Le Seigneur reprit : « Emmène avec toi une génisse, et tu diras que tu viens offrir un sacrifice au Seigneur. Tu convoqueras Jessé au sacrifice ; je t’indiquerai moi-même ce que tu dois faire et tu me consacreras par l’onction celui que je te désignerai. »

Samuel fit ce qu’avait dit le Seigneur. Quand il parvint à Bethléem, les anciens de la ville allèrent à sa rencontre en tremblant, et demandèrent : « Est-ce pour la paix que tu viens ?  » Samuel répondit : « Oui, pour la paix. Je suis venu offrir un sacrifice au Seigneur. Purifiez-vous, et vous viendrez avec moi au sacrifice. » Il purifia Jessé et ses fils, et les convoqua au sacrifice.

Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : « Sûrement, c’est lui le Messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur !  » Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. »

Jessé appela Abinadab et le présenta à Samuel, qui dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi. » Jessé présenta Shamma, mais Samuel dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi. » Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. »

Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ?  » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. » Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! « 

Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. Quant à Samuel, il se mit en route et s’en revint à Rama. » (1s 16, 1-13)

Il faut savoir que dans l’Ancien Testament, oindre une personne avec de l’huile était le signe que Dieu la mettait à part pour jouer un rôle particulier qu’Il allait lui attribuer. Ce pouvait être aussi bien pour occuper la fonction de prêtre dans le Temple que celle de roi.

Bien des années plus tard, après plusieurs guerres qui ont permis d’asseoir le royaume d’Israël…

« Cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée à Nathan [Successeur de Samuel] : Tu diras donc à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur de l’univers : « C’est moi qui t’ai pris au pâturage, derrière le troupeau, pour que tu sois le chef de mon peuple Israël. […] Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. S’il fait le mal, je le corrigerai avec le bâton, à la manière humaine, je le frapperai comme font les hommes. Mais ma fidélité ne lui sera pas retirée, comme je l’ai retirée à Saül que j’ai écarté de devant toi.

Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. » (2 S 7, 4-16)

C’est dans cette dernière phrase que se trouve l’origine d’une notion profondément ancrée dans la foi, et donc dans l’histoire, du peuple juif, celle du Messie. Ce sera un descendant de David qui sauvera le peuple et qui le libérera des puissances qui l’asserviront et l’opprimeront tout au long des siècles à venir.

Tu imagines facilement le trouble qui a pu naître dans l’esprit de beaucoup de contemporains de Jésus quand la question « Serait-ce lui le Messie ?  » a commencé à se poser au vu des actes extraordinaires qu’il a faits ! Certains attendaient un chef de guerre, c’est un non-violent qui vient. En plus, il sort de Nazareth alors que d’autres pensent que cet endroit est insignifiant. Seuls ceux qui ont eu réellement foi en Jésus ont compris, en vérité, ce qui se passait. Seuls les humbles ont été en mesure de croire et d’accepter que Jésus était effectivement le Messie. 

LE LIVRE DES PSAUMES

Les psaumes constituent la prière juive par excellence. Ils parcourent la panoplie complète des sentiments humains, de la tristesse à la joie, de la crainte à l’espérance, du doute à la confiance. Ils mettent des mots sur le ressenti des personnes aussi bien dans leurs relations entre elles qu’avec Dieu. Ils facilitent grandement l’expression de la piété en proposant des expressions que chacun peut reprendre à son compte, tout particulièrement dans les moments difficiles, les épreuves, lorsque les mots viennent à manquer.

Dans cet éventail, on peut prendre deux exemples. Celui de Marie lors de la Visitation, qui exulte, « éclate » de joie. Comment l’exprime-t-elle ? Par un psaume, ou plutôt, pour être rigoureux et précis, par un cantique, le Cantique de Marie, communément appelé le Magnificat. (Lc 1, 46-55)

Je sais qu’il y avait chez les Juifs une coutume solidement établie pour prier : la reprise pour son propre compte de paroles extraites des psaumes, choisies spontanément en raison de leur adéquation avec les sentiments profonds du priant. Mais quelle fut ma surprise lorsque j’ai découvert un texte appelé « Le cantique d’Anne » qui raconte l’histoire d’une femme stérile qui confie à Dieu son profond désir d’avoir un enfant et qui est exaucé. Elle devient alors la mère du prophète Samuel.

Je te laisse refaire mon expérience en comparant les deux textes. Le plus ancien est dans (1 S 2, 1-10), le second dans (Lc 1, 39-56).

Le second exemple est celui de Jésus qui, dans ses derniers moments, prie pendant sa Passion : 

          « Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? «  (Ps 42, 5)

          « Espère en Dieu : à nouveau je lui rendrai grâce. »      (Ps 41, 12)

          « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? «  (Ps 21, 2)

Nous aussi nous pouvons utiliser ces psaumes pour nous associer à la Passion de Jésus.

Pour comprendre les Psaumes, il faut se souvenir de trois choses : 

– Les Psaumes ont été écrits par des Israélites pour les Israélites. Ils expriment les pensées et les sentiments de personnes qui ont effectivement vécu les situations ou les épreuves qui y sont rapportées. Nous pouvons donc, aujourd’hui, les lire ou les chanter en union avec elles.

– C’est l’Esprit du Christ, l’Esprit de prophétie qui parle dans les Psaumes. C’est pourquoi nous y trouvons les plus touchantes expressions des souffrances de Christ, non pas comme dans un récit, mais exactement telles qu’il les a senties, exprimées comme de sa propre bouche au moment où il les endurait. Nous pouvons donc, aujourd’hui, les lire ou les chanter en communion avec le Christ.

– La vie de chacun d’entre nous présente de nombreuses similitudes avec celle du peuple d’Israël, avec ses moments de joie, de peine, ses tribulations, ses erreurs, ses fautes, ses rapprochements avec Dieu. Nous pouvons reprendre à notre compte les mots et les sentiments trouvés dans les psaumes. Les psaumes peuvent constituer pour nous une aide efficace pour exprimer nos propres sentiments.

Voici quelques exemples que j’aime beaucoup :

Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l’ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit,
pas de voix qui s’entende ;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.

Là, se trouve la demeure du soleil :
tel un époux, il paraît hors de sa tente,
il s’élance en conquérant joyeux.

Il paraît où commence le ciel,
il s’en va jusqu’où le ciel s’achève :
rien n’échappe à son ardeur

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables :
plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel qui coule des rayons.

Aussi ton serviteur en est illuminé ;
à les garder, il trouve son profit.
Qui peut discerner ses erreurs ?
Purifie-moi de celles qui m’échappent.

Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil :
qu’il n’ait sur moi aucune emprise.
Alors je serai sans reproche,
pur d’un grand péché.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu’ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur ! 

Pitié, mon Dieu, pitié pour moi !
En toi je cherche refuge,
un refuge à l’ombre de tes ailes,
aussi longtemps que dure le malheur.

 Je crie vers Dieu, le Très-Haut,
vers Dieu qui fera tout pour moi.
Du ciel, qu’il m’envoie le salut : (mon adversaire a blasphémé !)
Que Dieu envoie son amour et sa vérité !

Je suis au milieu de lions
et gisant parmi des bêtes féroces ;
ils ont pour langue une arme tranchante,
pour dents, des lances et des flèches.

Dieu, lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !
Ils ont tendu un filet sous mes pas: j’allais succomber.
Ils ont creusé un trou devant moi, ils y sont tombés.

Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt !
Je veux chanter, jouer des hymnes !
Eveille-toi, ma gloire ! Eveillez-vous, harpe, cithare,
que j’éveille l’aurore !

Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur,
et jouerai mes hymnes en tous pays.
Ton amour est plus grand que les cieux,
ta vérité, plus haute que les nues.

Dieu, lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Plus qu’un veilleur ne guette l’aurore,
attends le Seigneur, Israël.
Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.

C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

LE LIVRE DES PROVERBES

Le livre des Proverbes est une collection de recueils de proverbes ou d’enseignements sur la sagesse. Son but est de transmettre l’expérience acquise aux générations successives.  Il est traditionnellement attribué au roi Salomon.

Il n’aborde pas les questions relatives à l’Histoire du peuple d’Israël. Son contenu vient principalement de l’expérience pratique et quotidienne. 

La lecture du livre des Proverbes permet de connaître une partie de l’expérience des Israélites. Elle nous apprend comment leurs sages ont considéré des situations et des problèmes humains qui, par delà les siècles et dans le domaine de tous les jours, nous touchent souvent de très près. La référence à la Sagesse est fréquente car elle est la seule à pouvoir protéger du mal ambiant.

Veux-tu connaître la sagesse et l’instruction, avoir l’intelligence des propos intelligents, veux-tu acquérir une instruction éclairée, – la justice, le jugement, la droiture -, veux-tu rendre astucieux les naïfs, donner aux jeunes gens savoir et perspicacité ?

Que le sage écoute, il progressera encore, et l’homme intelligent apprendra à diriger : il saisira les proverbes et les traits d’esprit, les propos des sages et leurs énigmes.

Le savoir commence avec la crainte du Seigneur ! Sagesse et instruction, l’insensé les méprise. 

Écoute, mon fils, les leçons de ton père, ne néglige pas l’enseignement de ta mère : c’est comme une couronne de grâce sur ta tête, un collier à ton cou.

Le sot montre toute sa colère, mais le sage la retient et la calme.

Pour que ta confiance soit dans le Seigneur, je vais t’instruire aujourd’hui, toi aussi.

N’ai-je pas écrit pour toi trente chapitres pleins de conseils et de science,  afin que tu reconnaisses la parole vraie, que tu fasses un rapport sûr à celui qui t’envoie ?

Qui donne libre cours à ses envies provoque des querelles, qui se fie au Seigneur sera comblé ! Ne se fier qu’à soi-même, c’est folie ! Seul le chemin de la sagesse permet d’en réchapper.

Tends l’oreille, écoute les paroles des sages, que ton cœur s’attache à mon savoir : tu prendras plaisir à garder en toi ces paroles, toutes prêtes à venir sur tes lèvres.

Mieux vaut un morceau de pain sec avec la tranquillité qu’une maison pleine de viande avec des disputes.

Même le fou, quand il se tait, passe pour sage ; celui qui ferme ses lèvres est un homme intelligent.

La sagesse, ne l’abandonne pas, elle te gardera, aime-la, elle veillera sur toi. Ainsi commence la sagesse : elle s’acquiert ! Cède tout ce que tu as pour acquérir l’intelligence.

Une personne prudente fait attention à sa conduite : elle est sage. Celle qui manque de sagesse trompe les autres : elle est stupide.

LE LIVRE DE LA SAGESSE

Le Livre de la Sagesse fait l’éloge de la sagesse reçue comme un don de Dieu.  Il est réputé avoir été écrit relativement peu de temps avant J.-C,  dans les années -200 à -150.  

Le problème de la destinée humaine est au cœur du livre de la Sagesse. Pour trouver le bonheur, dès maintenant et dans l’au-delà, l’homme doit acquérir la Sagesse. La Sagesse n’est pas qu’une simple capacité intellectuelle à discerner le bien et le mal. Pour l’auteur du livre c’est avant tout un don de Dieu. En Dieu, la Sagesse est la connaissance absolue et parfaite de toutes choses. La parole de Dieu contient cette connaissance et c’est elle qui nous la communique.

La Sagesse s’adresse directement à tous les hommes, en vue de faire d’eux ses fils. Elle les engage à avoir des oreilles pour entendre. 

Dans le livre de la Sagesse, la destinée de l’homme après la mort se précise. Le début du livre rappelle que « Dieu a fait l’homme pour l’incorruptibilité« . La mort n’est plus la fatalité angoissante qui conduit au séjour des morts. La vie terrestre de l’homme devient le temps du discernement et du choix entre le Bien et le Mal.

La Sagesse consiste à s’occuper du Bien pour éviter le Mal en le haïssant. 

A de nombreuses reprises, le livre présente la Sagesse comme un être indépendant, doué d’une activité propre, ce qui a amené certain commentateur du livre à se demander si l’auteur ne la considérait pas comme une personne divine. 

Après bien des débats, ce livre n’a pas été introduit dans la Bible hébraïque. Par contre il l’est dans la Bible chrétienne. Pour nous chrétiens, la Sagesse est une Personne, c’est le Christ, le Fils unique du Père, de même nature que Lui. Il a présidé à l’action créatrice. 

Voici quelques extraits :

Aimez la justice, vous qui gouvernez la terre, ayez sur le Seigneur des pensées droites, cherchez-le avec un cœur simple, car il se laisse trouver par ceux qui ne le mettent pas à l’épreuve, il se manifeste à ceux qui ne refusent pas de croire en lui.

Les pensées tortueuses éloignent de Dieu, et sa puissance confond les insensés qui la provoquent. Car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché.

L’Esprit Saint, éducateur des hommes, fuit l’hypocrisie, il se détourne des projets sans intelligence, quand survient l’injustice, il la confond.

La Sagesse est un esprit ami des hommes, mais elle ne laissera pas le blasphémateur impuni pour ses paroles ; car Dieu scrute ses reins, avec clairvoyance il observe son cœur, il écoute les propos de sa bouche. L’esprit du Seigneur remplit l’univers : lui qui tient ensemble tous les êtres, il entend toutes les voix.

Ne courez pas après la mort en dévoyant votre vie, n’attirez pas la catastrophe par les œuvres de vos mains. 

Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. 

Il les a tous créés pour qu’ils subsistent ; ce qui naît dans le monde est porteur de vie : on n’y trouve pas de poison qui fasse mourir. La puissance de la Mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle.

Pourtant, les impies ont invité la Mort, du geste et de la voix ; la tenant pour amie, pour elle ils se consument ; ils ont fait un pacte avec elle : ils méritent bien de lui appartenir.

La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas. Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.

Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première. Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte. Penser à elle est la perfection du discernement, et celui qui veille à cause d’elle sera bientôt délivré du souci. Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre. Le commencement de la Sagesse, c’est le désir vrai d’être instruit ; le souci de l’instruction, c’est l’amour ; l’amour, c’est de garder ses lois ; observer les lois, c’est l’assurance de l’incorruptibilité, et l’incorruptibilité rend proche de Dieu.

De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan. Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux. S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur. Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites. Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur.

Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger; car c’est peut-être en cherchant Dieu et voulant le trouver, qu’ils se sont égarés : plongés au milieu de ses œuvres, ils poursuivent leur recherche et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau ! Encore une fois, ils n’ont pas d’excuse. S’ils ont poussé la science à un degré tel qu’ils sont capables d’avoir une idée sur le cours éternel des choses, comment n’ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ?

ISAÏE

Isaïe est un prophète  qui a vécu à Jérusalem sous le règne d’Ézéchias, entre 766 et 701 av. J.-C. Il est considéré comme l’un des quatre grands prophètes avec Jérémie, Ézéchiel et Daniel. Son  livre traite de la déportation du peuple israélite à Babylone puis de son retour et de la reconstruction du Temple de Jérusalem.  

Parmi les manuscrits de la mer Morte, le Livre d’Isaïe a été retrouvé dans son intégralité sous la forme d’un manuscrit du IIe siècle av. J.-C. 

Ses oracles ont un aspect politique caractérisé. Ses prophéties sur l’Emmanuel ont une très grande importance car elles annoncent la venue du Messie. Certains vont jusqu’à le surnommer « l’évangéliste de l’Ancien Testament » parce qu’il le décrit avec une réelle précision.

Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’on appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).

Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !

Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. […]

Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ?

Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire.

Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple.

On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.

Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.

Parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime, je donne des humains en échange de toi, des peuples en échange de ta vie. Ne crains pas, car je suis avec toi. Je ferai revenir ta descendance de l’orient ; de l’occident je te rassemblerai.

Même si les montagnes s’écartaient, si les collines s’ébranlaient, ma fidélité ne s’écarterait pas de toi, mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, dit le Seigneur, qui te montre sa tendresse.

Quand j’ai parlé, je ne me cachais pas quelque part dans l’obscurité de la terre ; je n’ai pas dit aux descendants de Jacob : Cherchez-moi dans le vide ! Je suis le Seigneur qui profère la justice, qui proclame ce qui est droit !

Rassemblez-vous, venez, approchez tous, survivants des nations ! Ils sont dans l’ignorance, ceux qui portent leurs idoles de bois, et qui adressent des prières à leur dieu qui ne sauve pas. Exposez votre cas, présentez vos preuves, tenez conseil entre vous : qui donc l’a d’avance révélé et jadis annoncé ? N’est-ce pas moi, le Seigneur ? Hors moi, pas de Dieu ; de Dieu juste et sauveur, pas d’autre que moi !

Tournez-vous vers moi : vous serez sauvés, tous les lointains de la terre ! Oui, je suis Dieu : il n’en est pas d’autre ! Je le jure par moi-même ! De ma bouche sort la justice, la parole irrévocable. Devant moi, tout genou fléchira, toute langue en fera le serment :

Par le Seigneur seulement – dira-t-elle de moi – la justice et la force ! « Jusqu’à lui viendront, couverts de honte, tous ceux qui s’enflammaient contre lui. Elle obtiendra, par le Seigneur, justice et louange, toute la descendance d’Israël.

LE MESSIE

Le mot hébreu « messie » signifie « oint ». Il s’agit donc de celui qui aura reçu l’onction du Seigneur, c’est-à-dire la personne consacrée par le rite de l’onction, réalisée par un prophète de Dieu, comme ce fut le cas de David avec Samuel. En grec, il se traduit par « Christ  ».

Le Messie est une figure attendue et espérée dans plusieurs écrits de l’Ancien Testament. Cette attente du Messie est née au sein du peuple  israélite face à la déception provoquée par des rois d’Israël incapables  ou indignes de leur fonction consacrée par le Seigneur. Il est attendu en particulier par les pauvres qui espèrent qu’il leur rendra justice. Elle est au cœur de la révélation prophétique car c’est par lui que Dieu doit accomplir toutes les promesses qu’Il a faites à son peuple.

De nombreuses précisions le concernant sont données dans les écrits prophétiques ; elles devaient permettre de reconnaître l’envoyé de Dieu. Elles témoignent aussi de la grande fidélité de Dieu qui accomplira en tout point ce qu’Il a promis et préparé pour ceux qui s’attachent à sa Parole. Par ailleurs, il est clair pour tous les Juifs qu’il sera « Fils de David », descendant de la famille de David.

Tout a commencé par une prophétie de Balaam, un non Juif :  » Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. Il brise les flancs de Moab, il décime tous les fils de Seth. » (Nb 24, 17)

De son côté, Moïse annonce au peuple que « L’Éternel, ton Dieu, te suscitera un prophète comme moi… » (Dt 18, 15)

De nombreux passages des prophètes, d’Isaïe en particulier, complètent et précisent l’annonce faite au peuple sur celui qui devait délivrer Israël.

La plupart des Juifs qui attendaient le Messie étaient persuadés qu’il serait un chef militaire qui les libérerait de leurs ennemis, en l’occurrence de l’emprise des divinités des Grecs et des Romains. D’où leurs questionnements sur la personne de Jésus.

Une précision 

Abra(ha)m a entendu l’appel de Dieu, pour progresser dans la connaissance du vrai Dieu, dans la suite des générations et de leur expérience au fil des siècles. Sortir de la méconnaissance de Dieu, c’est toute l’histoire de la Bible. Jacob, petit-fils d’Abraham, a reçu de Dieu le nom d’Israël qui signifie « Qui a lutté avec Dieu » en souvenir de son combat avec l’ange. C’est un personnage clé dans la Révélation et l’histoire du peuple juif. Le peuple hébreu s’est senti choisi par Dieu, « peuple élu ». Les Juifs en sont les héritiers, ils ont attendu le « Messie libérateur ».

Pour les Chrétiens, qui sont les héritiers de la foi du peuple d’Israël, Jésus de Nazareth, reconnu par des Juifs de son temps comme le Messie, le fils du Dieu Vivant, est le point d’aboutissement de toute cette élection. Comme il l’a dit lui-même : « Je ne suis pas venu pour abolir la Loi mais pour l’accomplir », c’est-à-dire la mener à son terme.

Qui me voit voit le Père

Avec lui, une nouvelle ère s’ouvre, celle du Christianisme, avec des changements profonds dont celui souligné par saint Paul dans sa lettre aux Galates : […] Tout cela pour que la bénédiction d’Abraham s’étende aux nations païennes dans le Christ Jésus, et que nous recevions, par la foi, l’Esprit qui a été promis. (Ga 3, 14)

Pour les Juifs, le mot « païens » signifie « les non Juifs », c’est-à-dire tous les autres peuples. Saint Paul affirme que la Bonne Nouvelle proclamée par Jésus s’adresse d’abord aux Juifs mais aussi à tout homme, à toute femme, et que le Royaume de Dieu est appelé à rassembler tous les peuples de la terre. De ce fait, les Chrétiens reçoivent directement pour eux-mêmes toute Parole de Dieu adressée dans les Écritures saintes à Israël.